ÉCRIT SUR MESURE POUR LA PROMOTION 2026 DU CNSAD
"Le Pont flottant des songes fait résonner les héritages du Japon et de l'Occident pour interroger, à travers le prisme d'une société millénaire, la fragilité, la complexité et la pluralité de notre condition humaine. "
Fantaisie dramatique contemporaine inspirée par le Dit du Genji de Murasaki Shikibu
Le Pont flottant des songes (titre provisoire) est une passerelle entre deux mondes, une rhapsodie multilingue autour de la finitude et de l’impermanence, de ce qui nous relie et de ce qui nous échappe, de nos solitudes incommunicables et de nos mémoires collectives. Un spectacle dont la thématique, l’esthétique et la poésie reflètent les influences et les inspirations croisées de deux pays, le Japon et la France, ainsi que les multiples origines géographiques, ethniques et culturelles de ce groupe d’artistes.
Écrit sur mesure pour la promotion 2026 du CNSAD, le texte prend comme levier poétique et dramatique le Dit du Genji (源氏物語, Genji Monogatari) écrit par Murasaki Shikibu, autrice, poète et intellectuelle japonaise qui vécut entre le Xème et le XIème siècle de notre ère et dont on a célébré récemment le millième anniversaire de la disparition. Admiré par Virginia Woolf, Marcel Proust, Jorge Luis Borges et James Joyce, le Dit du Genji est considéré comme le premier roman du monde au sens moderne. Au fil de ses plus de 1500 pages, des thèmes complexes y sont peints avec une profondeur sans égal ainsi qu’une étonnante modernité. L’écriture rhapsodique alterne prose et poésie, puisque le récit est ponctué par quelques 800 waka (和歌), poèmes de cour typiques de l’époque Heian. Ce véritable monument de la littérature japonaise et universelle, écrit par une femme il y a mille ans, résonne aujourd’hui avec les harmoniques des dix siècles qu’il a traversés. Il se laisse lire, de nos jours, avec de nouveaux outils d’analyse et des interprétations originales et très stimulantes — notamment sur les problèmes de genre ainsi que le rôle et la condition de la femme — qu’il est important de faire entendre.
Pour ce faire, j’ai décidé d’y superposer une autre écriture, une fiction dramatique contemporaine à part entière dont les personnages, femmes et hommes d’aujourd’hui, se confrontent à ces thèmes, à ces questions. Tou.te.s, dans une quelconque mesure, sont traversé.e.s, parfois hantés, par les ombres et les lumières du Genji Monogatari, dédale-réseau complexe et insaisissable, qui ne cesse de leur échapper. Et à moi aussi…
L’action flotte dans un espace-temps où s’entrelacent le présent et le passé, la réalité et le songe. Au cœur du drame, le Mythe. Qu’a-t-il encore à nous dire ? A-t-il encore ce pouvoir ancestral de faire communauté ? Nos mythes — orientaux ou occidentaux, littéraires ou théâtraux — peuvent-ils encore injecter du commun dans nos sociétés fragmentées ? Comment réinventer le passé (et même s’en débarrasser ?) pour réinvestir le présent ? Écho et relais de ces interrogations, la figure du Masque, métaphore-vertige d’une identité toujours mouvante, irrigue aussi bien le texte que la mise en scène. La tradition théâtrale séculaire du Nô et du Kyôgen, formes dramatiques d’un Japon ancestral, mais aussi le butô, l’art lyrique et l’art drag s’invitent aussi à cette mascarade et déchirent les tissus du réel pour faire apparaître des figures magiques dont les passions font écho aux nôtres.
La vocalité, la choralité et la transculturalité sont des aspects récurrents de ma recherche artistique et philosophique. Ces aspects se trouvent toujours réunis au cœur de mes créations. Cela inclut le multilinguisme et la pluridisciplinarité. Autant de fils tendus dans l’espace-temps, autant de voix autonomes articulées dans un contrepoint intranquille.
C’est donc une fresque chorale, à la fois littéraire, théâtrale et musicale, que nous avons tissée avec ce groupe d’interprètes venus, entre autres, de France, du Japon, d’Ukraine, d’Afghanistan, du Brésil, de la Réunion… tou.te.s riches d’une ancestralité plurielle et multivoque.
Le Pont flottant des songes fait résonner les héritages du Japon et de l’Occident pour interroger, à travers le prisme d’une société millénaire, la fragilité, la complexité et la pluralité de notre condition humaine.
Générique
Fantaisie dramatique contemporaine inspirée par le Dit du Genji de Murasaki Shikibu
Texte, mise en scène et direction musicale : Marcus Borja
Direction des choeurs et collaboration à la dramaturgie : Mélanie Collin-Cremonesi
Direction de mouvement et chorégraphies : Márcia Duarte
Initiation à la pratique du Nô : Kinue Oshima
Production (côté Japon) : Midori Okuyama*
Assistante à la mise en scène et interprète bilingue : Lou Tokino Cardonnel
Assistante stagiaire : Lou Gérard
Décors : Aoï Ito*, supervisée par Takuya Aoki*
Régie générale : Saïd Belhamra et Manon D’Auvergne-Bey
Création et régie lumière : Julien Ullman et Yolène Forner D’Orazio
Création son : Kanna Mori* (supervisée par Haruhi Imai*) et Sam Jamin
Régie son : Sam Jamin
Création vidéo : Yuka Toyoshima et John M. Warts
Régie vidéo : John M. Warts
Conseil vidéo : Fred Pickering
Création costumes et accessoires : Valérie Montaigu assistée de Avril Negre
Masques : Aoï Ito*, Takuya Aoki* et Valérie Montaigu
Conception des lumières « hotaru » : Hiroco Uchida
Assistant.e.s de production (côté Japon) : Shunsuke Suganuma* et Kaho Shimamura*
Direction Technique : Sébastien de Jésus et Valentin Pinoteau
*de l’équipe de l’Université Nihon (Nihon Daigaku)
Avec
Maxime Allègre, May Ameur Zaïmèche, Philippe Bertrand, Antoine Cailloux, Claire Chambon, Mohamed-Lamine Cissé, Siriné Cissé, Laura de Minivielle,, Mathieu Delacour, Romane Djedjiga, Maca Elia, Etienne Guattari, Anna Hromova, Emilie Hubert, Alexis Joly, Menel Kalay, Dounia Koyaté, Kateryna, Kukhelna, Simon Laffort, Mathilde Le Borgne, Bless Lukombo, Hanna, Manzhoura, Mariana Minina, Marina Mouniapin, Alban Pellet, Matteo Pereira, Théo Pham, Armance Pirovano, Fatima Tawakkuli, Anastasiia Zhyvotova
Participations très spéciales :
Yoshi Oida, Kinue Oshima, Tadashi Ogasawara et Hiroaki Ogasawara, Yuka Toyoshima, Márcia Duarte, Kaho Shimamura, Vincent Leterme et Adélaïde Mansart (élève au CNSMDP)
Remerciements
Oshima Nogaku-dô (Fukuyama)
Kinue Oshima, Chie Kato, Masanobu Oshima, Yasuko Oshima, Norie Araki
Ville de Fukuyama :
Maire : Naoki Edahiro
SPAC (Shizuoka Performing Arts Center)
Satoshi Miyagi, Yoko Narushima, Yoshiji Yokoyama, Toshiki Sakanaka, Haruka Miyagishima
Et l’équipe cuisine:
Kazushige Sugimoto, Yukiko Ishinagi, Ayako Ishikawa, Yasuhiro Yunoki
Fureaï Land (Fukuyama)
Sayuri Urabe, Directrice adjointe
Fondation Franco-japonaise Sasakawa
Subvention accordée à l’équipe de la Faculté des arts de l’Université Nihon :
SEED — Research & Education Program, Japan Creator Support Fund For Creator Development, et Projet de recherche désigné par le doyen de la Faculté des arts de l’Université Nihon
Paris Sciences et Lettres :
Jennifer Heurley, Jenny Karanfil
Et aussi :
Anne Bayard-Sakai (INALCO), Saeko Kimura (Faculté des arts libéraux de l’Université Tsuda), Mitsuhiro Hakamada (Faculté des lettres et des sciences, Université Nihon), Charles-Henri Bradier (Théâtre du Soleil), Aya Soejima (MCJP), Samson Sylvain et Miho Sano (Institut Français de Tokyo), Juliette Chevalier (Institut Français du Kansai), Adèle Frémolle (Villa Kujoyama), Aya Wakamatsu (Association des artistes de théâtre Nô), Gilles Oltz et Claire Lasne-Darcueil (CNSMDP), Dominique Palmé, Sae Cardonnel
Ce projet est le collaboration international entre Le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, la Faculté des arts de l’Université Nihon, et le Shizuoka Performing Arts Center (SPAC).
© Crédit photos : Christophe Raynaud de Lage
UNE PREMIÈRE RÉSIDENCE AU JAPON
Entre le 22 février et le 9 mars 2026,, nous sommes tou.te.s parti.e.s deux semaines au Japon pour en découvrir des aspects majeurs de la culture et des formes dramatiques traditionnelles, ainsi que pour attaquer le processus de création du spectacle. La première semaine, nous avons séjourné à Fukuyama pour un stage intensif d’introduction aux bases du théâtre Nô auprès de Kinue Oshima, cheffe de l’école Kita. La deuxième semaine, nous avons été accueillis au parc du Shizuoka Performing Arts Center (SPAC) pour démarrer les lectures et répétitions du spectacle. Nous avons eu la chance de participer à un workshop avec le metteur en scène Satoshi Miyagi, directeur artistique des lieux, autour de sa méthode de direction d’acteurs/actrices. Le séjour s’est terminé par un weekend à Tokyo où nous avons eu l’occasion d’assister à un programme de pièces rares de Nô et de Kyogen – notamment le célèbre Tsurigitsune (Le Renard pris au piège) – avec de très grands maîtres de ces arts séculaires, au Théâtre National. Ce fut, en effet, une grande chance pour ces jeunes artistes de côtoyer d’autres visions, conceptions et pratiques de l’art théâtral en dehors de nos frontières sensibles, politiques, culturelles et poétiques.
Vidéos
Cadreurs : Grégoire de Calignon, Marie Deshayes et Mathieu Agius
Ingénieur vision : Myriam Garnier
Ingénieur du son : Mathieu Desnos
Script : Arsène Bourgeron
Réalisation : Benoît Finck











































































